Call for Papers: Protest! | Protestez!

Jahrestagung SGWSG | Journée annuelle SSHES
Universität Bern, 14. September 2018

Call for Papers / Appel à communication

Deutsche Fassung

Überall ist Protest: Scheinbar alte Konflikte überrumpeln die Gesellschaften der Gegenwart mit neuer Heftigkeit. Eine „vierte Welle“ des Feminismus ist ebenso ausgerufen wie ein Revival des materialistischen Feminismus der 1970er-Jahre, Black Lives Matter und postmigrantische Kritik konfrontieren ehemalige Sklaverei- und gegenwärtige Einwanderungsgesellschaften mit der ungebrochenen Macht rassistischer Klassifizierungen, Austeritätspolitiken treffen auf die Alternative des Widerstands, auch studentisches Engagement gegen die Nationalisierung und Instrumentalisierung von Bildung ist zu vernehmen. Daneben mutiert im Begriff der „Protestwahl“ das institutionelle Getriebe der Demokratie selbst zur Revolte, und die Schablone des „Populismus“ scheint sich wie von selbst anzubieten, um Verschiebungen der politischen Kräfteverhältnisse nach links wie nach rechts zu beschreiben. In diesem Kontext werden alle Kommentare zu vergangenen Protesten unweigerlich selbst politisch: Geschichten des Protests setzen sich dem Verdacht der Heroisierung oder aber des posthumen Urteils aus. Zugleich qualifiziert eine subtile Form der Geschichtspolitik die Proteste der Vergangenheit als angemessen, um jene der Gegenwart umso schärfer als Zumutung abwehren zu können – wenn denn historischer Wandel nicht gleich ganz ohne Berücksichtigung sozialer und politischer Kämpfe erklärt wird.

Version française

Aujourd’hui la contestation est partout. Des conflits que l’on croyait dépassés resurgissent et déferlent sur les sociétés actuelles avec une virulence nouvelle. On a invoqué une « quatrième vague » féministe ainsi qu’un retour du féminisme matérialiste des années 1970 ; Black Lives Matter et la critique post-coloniale s’insurgent contre les sociétés coloniales du passé – et les politiques d’immigration actuelles – en les confrontant avec le pouvoir persistant de classifications raciales, voire racistes. Les politiques d’austérité se voient confrontées à des résistances alternatives, et l’on perçoit un nouvel engagement estudiantin contre la nationalisation et l’instrumentalisation de la formation. En même temps, le concept de « vote de protestation » tend à faire des mécanismes de la démocratie des instruments d’opposition. Dans cette perspective, la formule du populisme apparaît comme un instrument commode d’interprétation des mutations des rapports de force, vers la droite comme vers la gauche. Dans ce contexte, tous les commentaires portant sur les mouvements de protestation du passé deviennent presqu’automatiquement politiques : leur histoire s’expose forcément à la suspicion d’héroïsation ou à une présomption de jugement posthume. Des formes plus subtiles de politique de l’histoire tendent à qualifier les protestations du passé comme rationnelles et adéquates, seulement pour condamner d’autant plus fermement celles du présent. Et parfois, les conflits sociaux et politiques sont tout simplement évacués de l’interprétation des transformations historiques.